Bibliographie

Interview

 

Voici une interview de Kazuo Koike, réalisée à l'occasion de la sortie du Film Crying Freeman. Profitez donc de la vision de M. Koike.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vos séries Golgo 13 et Kozure Okami ont été adaptées au cinéma (ndf : Kozure Okami donne Baby Cart au cinéma). Quels étaient vos rapports avec la production de ces films ?

KK : Dès l'instant où je produisais moi-même ces films, j'en supervisais entièrement le tournage. S'ils étaient produits par une autre compagnie, je campais sur ma position d'auteur, ce qui me permettait tout de même de discuter avec le réalisateur et les comédiens, et d'argumenter au besoin.

 

Beaucoup de dessinateurs japonais écrivent eux-mêmes leurs scénarii. Est-il difficile de trouver de bons collaborateurs pour mettre vos histoires en images ?

KK : C'est vrai que les auteurs de manga travaillent seuls en général. Mais à mesure que vous cherchez à affiner le dessin ou à trouver des techniques narratives plus complexes, le travail tend automatiquement à devenir bicéphal. Même si le Japon regorge de dessinateurs virtuoses, très peu d'entre eux sont capables de travailler correctement sur des scénarii historiques. Et ils ont toutes les peines du monde à se trouver de bons collaborateurs à l'écriture. C'est pourquoi ils se réfugient dans des histoires futuristes ou contemporaines.

 

Pensez-vous que la concurrence du cinéma oblige le manga à repousser ses limites, à être plus extrême ?...

KK : Le manga offre davantage de permissivité en matière d'action et de violence que le cinéma. En revanche, l'absence de son me gêne. C'est un point qui m'ennuie beaucoup et continuera toujours de m'ennuyer. Mais je ne crois pas en réalité que ces deux médias doivent lutter. Le cinéma et le manga doivent évoluer séparément et coexister, sans chercher à rentrer en concurrence.

 

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Vous semblez beaucoup vous documenter avant d'écrire vos scénarii. Offered et Red Dove que vous avez écrit pour Ikegami sont basés sur des faits historiques plus ou moins fictifs ...

KK : J'adore lire, apprendre, me documenter sur tout. Chaque fois que je découvre quelque chose que je ne connaissais pas, sur le Japon ou toute autre partie du monde, j'ai envie de l'introduire immédiatement dans l'une de mes histoires. Ma soif de connaissance ne s'étanche jamais.

 

Crying Freeman - le film a été réalisé par un Français. Pensez-vous que le manga est en train de s'étendre dans le monde ?

KK : Le manga est une culture née au Japon et nourrie par le Japon. Il s'est déjà étendu à toute l'Asie et va, je pense, largement se développer en Europe, sans rester pour autant cantonné aux seuls fans de mangas.

 

Que pensez-vous de Crying Freeman - le film ?

KK : Très sincèrement, je pense que c'est un film merveilleux parce qu'il s'attache avant tout au personnage. Les scènes d'action sont formidables bien sûr, mais je me suis réjoui de constater que l'histoire d'amour était restée l'élément majeur, central du film. Le réalisateur ne s'est pas laissé dépasser par le manga. Et j'en suis vraiment très heureux.

 

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